Les 40 concurrents de la course de Lazarus Lake n’ont quitté le parc de Frozen head que depuis quelques jours, que déjà vient de sortir un documentaire sur cette édition si spéciale. Il ne fait que 18 minutes, c’est court, mais suffisant pour comprendre dans le regard d’un Sébastien Raichon, d’un John Kelly ou d’un Tomokazu Ihara que, franchement, c’était dur, hors de portée humaine cette année. Et il suffit de voir la malice dans les yeux de Laz ou de son successeur, Carl Laniak, pour savoir qu’ils ne sont pas près de rendre les choses plus faciles à l’avenir.
C’est presque à la dernière minute que la Barkley 2025 a commencé mardi dernier à 11 h 37. Après un record de cinq finishers l’année précédente, tout le monde se demandait si – et comment – le parcours serait modifiée pour repousser une fois de plus les limites de l’endurance humaine. Et à quoi ressemblerait le peloton de 2025. En l’absence de leaders tels que Jared Campbell, Greig Hamilton, Jasmin Paris, Ihor Verys ou Damien Hall, comment allaient s’imposaient les vétérans de la Barkley ? Comment le nombre de livres et leur emplacement allaient-ils changer ? Quelles nouvelles sections pourraient être ajoutées au parcours ?
On l’a su très vite, comme le montre ce reportage de 18 minutes ( sous-titré en français) qui vient d’être mis en ligne. Et le mot clef ici, c’est revanche, « revente », le titre du film. Après deux années consécutives (2023 et 2024) qui ont vu un total combiné de huit finishers, on avait un peu oublié que la Barkley était aussi connue pour des éditions dont aucun concurrent n’émergeait. Aucun finisher en effet de 1996 à 2000, de 2005 à 2007 et de 2018 à 2022.
Dix heures après le début de la première boucle, les chances de voir se répéter les « podiums » des années 2023 et 2024 diminuaient rapidement. Aucun coureur n’avait jamais terminé l’intégralité de la Barkley après avoir bouclé sa première boucle en plus de 9,5 heures. Résultat : John Kelly, courant sous la pluie et le vent, a été le seul coureur à terminer la 3e boucle en moins de 40 heures (39 heures et 50 minutes, exactement). De quoi lui garantir au moins une « fun run ». Mais rien de plus. Impressionnant pour un traileur qui a déjà été trois fois finisher de cette épreuve. C’est dire si Carl Laniak et Lazarus Lake Cantrell avaient augmenté la difficulté cette année.
Après cette mémorable édition, sûr que les discussions vont aller bon train. Que s’est-il passé exactement ? Pourquoi ? La version 2025 était-elle (enfin ?) conçue pour rester hors de portée de tous, et même des meilleurs ? A moins, comme l’a écrit récemment l’athlète pro et vétéran de cette épreuve hors norme, Joe McConaughy, que la Barkley soit pour le trail ce que le défi des moins de deux heures est pour le marathon !
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